l’humeur du directeur

28 septembre 2008

c’est dur d’être aimé par des cons

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 23:00

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Cela peut arriver, il n’y a pas de honte à ça, mais par contre, dans ces cas là, il est important de traiter rapidement le mal.
Donc, si actuellement vous vous sentez abattus, il peut y avoir de quoi. Le capitalisme libéral est en train de s’effondrer, ce qui peut être considéré comme une bonne nouvelle, mais, ce constat posé, on se demande aussitôt ce que cela va avoir comme conséquence sur nos quotidiens, tant ils sont englués dans cette logique capitaliste que la plupart d’entre nous n’ont pas choisi.
Alors, histoire d’une part de se remonter le moral, mais surtout de prendre un grand « pot belge » pour affronter les luttes à venir, courez voir le film de Daniel Leconte récemment sorti sous le titre « C’est dur d’être aimé par des cons ». Très très très roboratif. Grand vent d’espoir pour aujourd’hui et demain, et preuve formelle, s’il en était besoin, que l’on n’a jamais rien à gagner à perdre la face et sa dignité.
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14 septembre 2008

une saison 2008/09

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 20:27

Dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle“, a tranché Doudou Diène à la tribune des Nations unies. Le rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie a évoqué une “dynamique de légitimation du racisme“, et témoigné de la “blessure profonde” causée chez les intellectuels africains par le discours du président français en juillet 2007 à l’Université de Dakar.
Plusieurs écrivains s’étaient joints à Jean-Luc Raharimanana (voir les rendez-vous des 4 septembre et 21 octobre) pour répondre à ce discours, par une lettre publiée quelques jours plus tard dans le quotidien Libération. Extrait : “Vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes, sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères, par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères, par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? — ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation“. Ils concluaient en invitant le président au débat, à l’échange.

La saison 08/09 de la Scène nationale de Cavaillon est fortement influencée par ce discours et ses réactions. Ils entraient en résonnance avec les émergences artistiques que nous croisions en provenance des Afriques, le continent et ses “satellites” de caraïbes et d’océan indien. Des auteurs, des chorégraphes, des danseurs, des comédiens font naître un peu partout des pistes artistiques totalement neuves, particulièrement fortes, toutes porteuses de sens nouveaux, de regards originaux.

On ne répétera jamais assez combien l’art est là pour provoquer le sens critique, et accompagner le citoyen dans la pertinence de son regard sur le monde. On se souvient que le film Indigènes du cinéaste Rachid Bouchareb (que nous avons rencontré avec bonheur cet été lors de son tournage à Cavaillon) avait conduit Jacques Chirac, alors président de la République, à réparer une injustice persistante. La parole des artistes fera-t-elle ici aussi surgir l’étincelle face aux analyses erronées ? Nous voulons le croire.

La philosophe Marie-José Mondzain rappelait opportunément lors d’un débat du Théâtre des idées au Festival d’Avignon 2008 que “le théâtre est l’espace de la parole, du partage“. Elle ajoutait que “le théâtre redonne à chacun l’espoir et l’usage de sa propre puissance“. Voilà qui devrait plaire. Même à un président si inculte.

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