l’humeur du directeur

13 septembre 2007

Spoleto, Pippo Delbono et son Ombrie

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 23:16

En localisant Spoleto sur la carte de l’Italie, j’ai tout de suite pensé à l’ami Yannick Jaulin, croisé avec bonheur cet été à Aurillac. C’est Yannick qui a inventé à Pougne-Hérisson l’un des festivals les plus originaux de ce pays, le Nombril du monde. Quel rapport avec Spoleto ? C’est presque aussi charmant que Pougne, mais c’est le centre parfait de l’Italie, et au coeur de la région nommée l’Ombrie. De là à penser qu’on peut réinventer des éthymologies…

Bon, on est dimanche 9 septembre, autoroute pour Lyon, puis vol Easyjet pour Rome, puis bus pour la gare de Termini, puis train pour Spoleto, quelques heures plus tard je pose le sac dans la chambre de l’Hôtel Clarici et je remets l’ordinateur en charge. Une bonne heure pour prendre la mesure d’une ville plus qu’attirante (une sorte de Gordes de plus de 40000 habitants, ça doit être gavé de touristes l’été) avant de découvrir la magnifique bonbonnière qu’est le Teatro Lirico Sperimentale di Spoleto “Adriano Belli”, également Teatro Lirico dell’Umbria.
pippo-bobo.jpg
C’était la création (prima esecuzione assoluta) de OBRA MAESTRA, un projet jamais réalisé de Frank Zappa, une musique de Giovanni Mancuso, et un livret de Pilar Garcia. Et la vraie raison du déplacement, outre que l’opéra ne serait plus visible cette saison, c’est que pour la première fois, Pippo Delbono s’attaquait à un genre artistique encore inconnu de lui. Et le rêve était à la hauteur de la réalité. Une dizaine de musiciens interprétant une partition à la fois contemporaine mais agréable à l’oreille, trois belles soprano et un ténor, et un récitant omniprésent, occupant le plateau, les allées, les corbeilles, courant, vociférant, éructant, caressant, tout l’étalage du talent de Pippo. Déchirant tous les codes, il assome, il assassine.
Pippo est assisté ici comme à son habitude depuis le début de la compagnie par le discret Pepe Robledo, Bobo est assis, bien sage, parmi l’assistance, sans doute séduit comme à son habitude par les trois belles cantatrices. Le public, plutôt jeune ce qui peut surprendre le spectateur français qui connaît bien l’âge moyen des matinées dominicales dans son pays, est étonnant de curiosité, et savoure, complice, le bonheur que lui propose Pippo.

On ne peut s’empêcher de se demander quelle aurait été la réaction de l’abonné moyen de l’Opéra d’Avignon à un tel vent de folie. Pour connaître la réponse, le plus simple serait de lui faire partager cela. Et si on se mettait à rêver d’une production en France de cette création, comme Pippo le désire ? Frank Zappa aurait aujourd’hui presque 67 ans. Et le 4 décembre 2008, il y aura 15 ans que ce génial inventeur de notes est mort.

Je prends une option ?

Un commentaire »

  1. On peut avoir un dossier qui ressemble à quelquechose ? Rien ne dit que l’orchestre ne sera pas ravi d’intégrer un nouveau Pipo dans les pupitres..

    Merci d’avance d’envoyer un dossier à l’adresse de l’Opéra d’Avignon, à quivous savez.

    Commentaire par Raymond — 14 septembre 2007 @ 13:20

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