Aurillac la pluie, puis la Provence
Aurillac
Il semble bien qu’il existe en France une ville, Aurillac, qui affirme son micro climat avec passion : les affaires culturelles m’y font aller chaque mois d’août, et chaque mois d’août, il pleut, il pleut, il pleut. Et pourtant, cette année, il y eut deux jours de grand beau, et on avait le sentiment que les gens se regardaient bizarre, comme si chacun soupçonnait l’autre d’être responsable de cette aberration météorogique.
Bref, au delà de ces considérations autrement plus sérieuses que les pseudo malheurs du CAC40 (je vous rassure, il est toujours au dessus de son cours de début d’année), il y avait aussi à Aurillac, comme chaque année à pareille époque, de nombreux spectacles dans l’espace public, dans la rue comme on pourrait dire. Peu de grandes révélations, et même beaucoup de déceptions actives.
Dans le rayon du bonheur, on en rapportera d’abord la compagnie 2 Rien Merci, qui après un remarquable Moulin-Cabot nous offre là un Gramoulinophone parfait, écriture, scénographie, jeu, impaginaire, tout est là, entassé dans une yourthe superbe dans laquelle il faisait déjà trop chaud à 10h du matin… On se souviendra aussi de la compagnie franco-chilienne Teatro del silencio, qui aura très directement interpellé tous les spectateurs présents sur l’objectif d’inventer le paradis, entre une scénographie forte et une chorégraphie en musique directe parfaitement interprétée. Et voilà…
C’est aussi le lieu de rencontres de tous les pros qui naviguent par là, du côté d’un art encore en recherche de reconnaissance. Mais il en va sans doute encore de la recherche aussi de l’exigence artistique. Nous avons échangé pas mal sur le sujet, avec Anne Le Batard et Jean-Antoine Bigot de Ex Nihilo (une compagnie que Cavaillon va bien finir par découvrir), avec Marie Moreau-Descoing qui m’a annoncé qu’elle serait très bientôt notre nouvelle inspectrice pour le Ministère de la Culture (chouette !), avec Pierre Sauvageot et Jany Jérémie (je les adore, ils sont là-bas dans leur jardin), et même avec Mireille Grange-Olmetta, notre ancienne interlocutrice culturelle pour le Rectorat (jeune retraitée très en forme) qui rêverait que nous réalisions un jour prochain une journée Pass’art (le GRETE) avec un spectacle de rue. J’ai aussi rencontré l’ami Lucien Maillan, qui dégotte chaque année notamment à Aurillac tous ces artistes qu’ils importera quelques mois plus tard en Provence pour les belles journées du Festival Font’Arts de Pernes les Fontaines (nombreuses photos de la dernière édition sur le site).
Cavaillon
Et sans transition, c’était à la Scène nationale la réception des travaux du hall (si vous êtes par là, venez voir, on est très content mais on aimerait aussi connaître votre opinion), l’accueil de nos deux petits nouveaux (pas si petits que ça, pourquoi on dit comme ça ? c’est un peu comme “nos amis les belges”, pas terrible), la vérification que tous les rouages peuvent encore fonctionner après ce bref endormissement des neurones. La billetterie ouvre lundi 3, ce sera prêt, le nouveau gradin va s’installer dans le même temps, et tout sera également prêt pour le premier spectacle au Théâtre en octobre et la réinauguration du 25 octobre à 19h (oui, oui, vous pouvez noter !).
Le premier rendez-vous public, c’est le mardi 11 septembre, avec les Facteurs à Morières les Avignon, nouvelle ville Nomade(s). Je donnais cette date ce matin à mon amie Annie Lagier, et elle me fit justement remarquer que c’était une belle manière de se souvenir d’un autre 11 septembre. En 2001, c’était aussi un mardi.
Parler d’Annie Lagier sans parler de sa Galerie de l’Isle sur la Sorgue, et de son Jean-Claude Roure pertinent et magnifique impertinent, est impossible. Allez-y, il y a en ce moment deux très belles expo simultanées. L’une s’intitule Cent Char ! et se compose de portraits, illustrations, sculptures de Jeanne Rebourg. La seconde est la présentation de la première monographie en langue française de Gottfried Honegger, L’art est un credo, paru chez Fage, un très courageux et passionnant éditeur installé à Lyon. Si vous avez manqué le vernissage en août, un tuyau : Gottfried Honegger sera présent à la Galerie le dimanche 16 septembre entre 15h et 18h. Et le soir-même, Jean-Claude décrochera tout, alors courrez.