l’humeur du directeur

30 août 2007

Aurillac la pluie, puis la Provence

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 22:21

Aurillac
Il semble bien qu’il existe en France une ville, Aurillac, qui affirme son micro climat avec passion : les affaires culturelles m’y font aller chaque mois d’août, et chaque mois d’août, il pleut, il pleut, il pleut. Et pourtant, cette année, il y eut deux jours de grand beau, et on avait le sentiment que les gens se regardaient bizarre, comme si chacun soupçonnait l’autre d’être responsable de cette aberration météorogique.
Bref, au delà de ces considérations autrement plus sérieuses que les pseudo malheurs du CAC40 (je vous rassure, il est toujours au dessus de son cours de début d’année), il y avait aussi à Aurillac, comme chaque année à pareille époque, de nombreux spectacles dans l’espace public, dans la rue comme on pourrait dire. Peu de grandes révélations, et même beaucoup de déceptions actives.

Dans le rayon du bonheur, on en rapportera d’abord la compagnie 2 Rien Merci, qui après un remarquable Moulin-Cabot nous offre là un Gramoulinophone parfait, écriture, scénographie, jeu, impaginaire, tout est là, entassé dans une yourthe superbe dans laquelle il faisait déjà trop chaud à 10h du matin… On se souviendra aussi de la compagnie franco-chilienne Teatro del silencio, qui aura très directement interpellé tous les spectateurs présents sur l’objectif d’inventer le paradis, entre une scénographie forte et une chorégraphie en musique directe parfaitement interprétée. Et voilà…
C’est aussi le lieu de rencontres de tous les pros qui naviguent par là, du côté d’un art encore en recherche de reconnaissance. Mais il en va sans doute encore de la recherche aussi de l’exigence artistique. Nous avons échangé pas mal sur le sujet, avec Anne Le Batard et Jean-Antoine Bigot de Ex Nihilo (une compagnie que Cavaillon va bien finir par découvrir), avec Marie Moreau-Descoing qui m’a annoncé qu’elle serait très bientôt notre nouvelle inspectrice pour le Ministère de la Culture (chouette !), avec Pierre Sauvageot et Jany Jérémie (je les adore, ils sont là-bas dans leur jardin), et même avec Mireille Grange-Olmetta, notre ancienne interlocutrice culturelle pour le Rectorat (jeune retraitée très en forme) qui rêverait que nous réalisions un jour prochain une journée Pass’art (le GRETE) avec un spectacle de rue. J’ai aussi rencontré l’ami Lucien Maillan, qui dégotte chaque année notamment à Aurillac tous ces artistes qu’ils importera quelques mois plus tard en Provence pour les belles journées du Festival Font’Arts de Pernes les Fontaines (nombreuses photos de la dernière édition sur le site).

Cavaillon
Et sans transition, c’était à la Scène nationale la réception des travaux du hall (si vous êtes par là, venez voir, on est très content mais on aimerait aussi connaître votre opinion), l’accueil de nos deux petits nouveaux (pas si petits que ça, pourquoi on dit comme ça ? c’est un peu comme “nos amis les belges”, pas terrible), la vérification que tous les rouages peuvent encore fonctionner après ce bref endormissement des neurones. La billetterie ouvre lundi 3, ce sera prêt, le nouveau gradin va s’installer dans le même temps, et tout sera également prêt pour le premier spectacle au Théâtre en octobre et la réinauguration du 25 octobre à 19h (oui, oui, vous pouvez noter !).

Le premier rendez-vous public, c’est le mardi 11 septembre, avec les Facteurs à Morières les Avignon, nouvelle ville Nomade(s). Je donnais cette date ce matin à mon amie Annie Lagier, et elle me fit justement remarquer que c’était une belle manière de se souvenir d’un autre 11 septembre. En 2001, c’était aussi un mardi.
Parler d’Annie Lagier sans parler de sa Galerie de l’Isle sur la Sorgue, et de son Jean-Claude Roure pertinent et magnifique impertinent, est impossible. Allez-y, il y a en ce moment deux très belles expo simultanées. L’une s’intitule Cent Char ! et se compose de portraits, illustrations, sculptures de Jeanne Rebourg. La seconde est la présentation de la première monographie en langue française de Gottfried Honegger, L’art est un credo, paru chez Fage, un très courageux et passionnant éditeur installé à Lyon. Si vous avez manqué le vernissage en août, un tuyau : Gottfried Honegger sera présent à la Galerie le dimanche 16 septembre entre 15h et 18h. Et le soir-même, Jean-Claude décrochera tout, alors courrez.

21 août 2007

en vacances ou au travail ?

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 23:12

Les adhérents et les amis viennent de trouver dans leur boîte à lettres le numéro 27 de Chut… Et j’en suis certain, beaucoup en auront conclu que nous avons pour cela travaillé au mois d’août. Que nenni ! Tout ceci avait été bouclé le 27 juillet, imprimé dans la foulée, et ce n’est que la sagesse qui nous a conduit à attendre la fin d’une période peu favorable à la fertilité des neurones pour prier notre routeur de réaliser les envois. Et voilà.
Mais par contre, pendant que vous vous lézardiez sur les plages, au fond d’un quelconque canyon, ou tout simplement au bord de la Sorgue (c’est aussi très bien), certains bossaient dur. Notamment notre architecte Nathalie Merveille et tous les artisans qu’elle avait réunis pour réaliser le nouveau hall d’accueil du Théâtre à Cavaillon. Il est méconnaissable, la peinture n’est pas encore sèche. Ca va être très très beau, comme on le rêvait. Il n’y aura plus que le nouveau sol en résine rouge que nous devrons attendre encore un an, si tout va bien, mais tout ira bien.
Et aussi, dans les jours qui suivront, le nouveau gradin, 510 places toutes neuves, toutes bien moelleuses, va se glisser dans ce grand espace vide qui va bien redevenir comme prévu une salle de spectacle, de spectacle bien vivant.
D’autres nouvelles, comme ça quelques jours avant réouverture ? Le directeur, toujours habité par la peur du vide, va passer quatre jours au Festival d’Aurillac, l’un des must pour le théâtre de rue. Mais j’en connais deux qui actuellement ont le trac : c’est Vincent Jean qui rejoint l’équipe et va succéder à Gaël Lemouton, rentré dans sa Normandie natale se consacrer encore un peu plus à sa grande passion, l’internet et la communication ; et aussi Paul-Eric Labrosse qui lui sera notre collaborateur jusque fin novembre pour remplacer Magali Thiéry, dont la petite fille Lara est née fin juillet, et qui va bien, enfin.
Allez, si le soleil revient, saluez le de ma part, et partagez. Et vivez.

12 août 2007

Raharimanana : urgence, urgence

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 0:29

Cher internaute, je t’invite, que dis-je je t’exhorte, à lire la lettre ouverte adressée à notre président de la République par Raharimanana, et plusieurs écrivains africains. C’est paru dans Libé le 10 août. Qui a dit que la terre tournait normalement ? Urgence, urgence.

Si tu ne connais pas Raharimanana, un lien comportant un beau portrait, mais l’internet est plein d’autres ressources.
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Nicolas Sarkozy et le chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo, vendredi 27.7.07 à Libreville. Reuters.

11 août 2007

ça baigne

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 15:15

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Budapest. Un hongrois sur 5 y vit, le taux de chômage y est encore plus bas que dans le reste du pays (4% !), à l’origine 2 bourgs Buda et Pest (même 3 avec Obuda), toujours séparés par le Danube mais réunis depuis 1873, et encore bien différents dans leurs sociologies. D’un côté le commerce, les touristes (oui, il y en a, surtout en période de festival Sziget, on parle ici de 10000 français), des traces d’occident (le mur est tombé il y a près de 20 ans, c’est à la fois peu mais beaucoup quand on a faim de tant de choses), de l’autre la jeunesse, les étudiants, la création, tout ce qui bouge un peu en marge de cette histoire, parce que là, beaucoup ont moins de 20 ans, et pour eux la révolution de 1848 ou l’invasion de Budapest par les chars russes en 1956, ça ne dit pas grand chose…
Ce qui frappe ici, c’est à la fois l’absence visible d’armée ou de police (les seules sirènes que tant de grandes métropoles nous infligent souvent sont ici sont celles des ambulances), et à la fois un sens civique incontournable. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de l’humanité.
En dehors du Sziget, le touriste se voit offrir comme partout de très nombreux musées, un coût de la vie qui donne envie de consommer (hier 3 paires de chaussures, toutes fabliquées en Italie, pour 10000 forints, soit 40 euros), une vraie culture de la friperie dans laquelle s’engouffre les créateurs, et les fameux bains.
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La foule du Sziget m’avait impressionnée, celle des bains Szechenyi fut tout autant incroyable. Mais avant tout, ici et là, une même impression de bonheur, sans heurt, sans calcul, juste un grand désir d’être heureux. Ca frappe, ça marque, ça influence, je conseille vivement ce bouillon de culture, même si du côté de l’hygiène, mieux vaut ne pas trop explorer. Mais du côté du bien-être, c’est sans concurrence !

10 août 2007

Le courant passe à Budapest

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 11:08

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Depuis le 7 août, la “dure” vie du directeur passe pas le Sziget, à Budapest. Le plus gros festival d’Europe, dit-on, peut-être même du monde. Jamais vu ça : 400 000 personnes en même temps sur un site gigantesque, une île (sziget en hongrois) en pleine ville sur le Danube, qui était entièrement dédiée à l’armée du temps pas si lointain des soviets. Trois ans après la chute du mur, en 1992, des étudiants y organisent un petit rassemblement musical pour les amis. Quelques années de sponsoring plus tard, ce sont pas moins d’une vingtaine de programmateurs qui s’occupent de faire venir stars et autres artistes à découvrir, sur ce site incroyable. Plus de 15 scènes, chacune avec sa “personnalité” : jazz, électro, blues, world music, et même une scène “théâtre et danse”. Les artistes français y ont souvent une belle présence, tel l’Orchestre national de Barbès l’autre soir ; ils ont fait un très grand show.
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La “grande scène” peut supporter 100 000 spectateurs. Et le mercredi 7, c’est le franco-ibérico-latino-metteur de feu Manu Chao (Jose-Manuel Thomas Arthur Chao de son vrai nom) qui y était programmé à 21h30. Et le feu était bien là. Après un premier concert à Vic-Fézensac dans le Gers et une mini tournée américaine de deux soirées (Tijuana et New York), la Hongrie lui faisait une haie d’honneur. Mais, patatrac, à plusieurs reprises, les groupes électrogènes n’ont pas supporté ses grands écarts, et on a ainsi pu constater qu’il n’y a pas qu’à Chateauneuf de Gadagne qu’on pète les plombs !
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En fin de soirée, le chorégraphe hongrois (mais qui vit en France) Pal Frénak (pas sûr que l’accent soit le bon…) nous offrait une petite merveille dans ce monde de brutes : cela s’appelle Instinct. Et je ne serai pas surpris que ce sublime spectacle, insolite, charnel, esthétique en diable, se retrouve un jour dans une programmation à La Scène nationale…
Prochain compte rendu dans quelques jours, après d’autres spectacles, mais surtout une visite aux mythiques bains de Budapest.

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