l’humeur du directeur

26 juillet 2007

20 euros pour assister à un tournage de TF2

Classé dans : Blogoliste — humeurdudirecteur @ 13:47

Hier soir, Festival d’Avignon, Cloître des Carmes. J’attends beaucoup de la dernière création de Ludovic Lagarde, un metteur en scène que nous suivons à la Scène nationale, que nous aimons beaucoup, que nous avons déjà accueilli en 2005 avec Fairy Queen, d’Olivier Cadiot. Sublime souvenir.
Nous avions un temps pensé être partenaire de ce Richard III, revu et corrigé par Peter Verhelst. Et je croyais pouvoir me glisser à la “générale” du 5 juillet, comme il est souvent d’usage, et comme je l’ai fait à plusieurs reprises dans ce Festival. Mais, bien que largement ouverte au public (le gradin était complet m’a-t-on dit), elle fut finalement “interdite” aux professionnels. Alors, en bon soldat obéissant et rangé, je suis allé à la billetterie des partenaires, et j’ai acheté ma place. Tarif réduit, 20 euros néanmoins. Et donc, maintenant, la surprise passée, je peux bien l’avouer, j’ai payé 20 euros pour assister au tournage d’une émission de télévision, pour cette chaîne du service public qui assure le dithyrambe quotidien des coureurs dopés du Tour de France.
Pendant une heure et demi, la caméra montée sur une grue m’a rasé les cheveux, a fait des ombres intermittentes sur le beau décor d’Antoine Vasseur, une autre caméra s’est promenée pendant toute la représentation sur un rail côté jardin, le caméraman placé non loin de moi (mais tous les spectateurs avaient le leur, tant ils étaient nombreux) a parlé dans son casque, égaré ses fiches, éclairé de son écran de contrôle la rangée de spectateurs, etc etc.
Alors, voilà, moi je n’ai plus la télé depuis plusieurs années, et je sais pourquoi. Et je suis colère, car je ne peux laisser planer le doute d’un acte de démocratie culturelle, je ne peux croire, tant spectacle vivant et télévision n’ont aucun lien possible. Et si on m’avait dit qu’un jour, je paierai pour être dans le poste. Enfin, presque, parce que je suis certain que je ne vais même pas y passer, et que je ne recevrai jamais mon cachet de spectateur !
Vous dire ce que j’ai pensé du spectacle de Ludovic ? Comme tous les autres spectateurs, je n’ai pas compris pourquoi il avait mis tant de caméras dans le gradin. Un effet de mode d’un nouveau genre ? Et comme je n’ai rien vu d’autre…

8 juillet 2007

l’Isle sur la Sorgue, une salle de spectacle, vite

Classé dans : Non classé — humeurdudirecteur @ 23:42

CLAIRE
Ce dimanche 8 juillet, je rencontre dans les rues de l’Isle-sur-la-Sorgue Yves Barrière, qui était maire adjoint en charge de la culture jusqu’en 2001. Il a constaté la tournée de Claire dans les Nomade(s), et me dit son incompréhension face à l’absence de représentation à l’Isle, la ville de René Char. Je lui précise que cette carence est due à l’absence de salle dans la ville, le plein air n’étant pas possible pour des raisons techniques, liées notamment au son.
Et oui, il n’y a pas de salle pour accueillir un spectacle à l’Isle-sur-la-Sorgue, une ville de plus de 20 000 habitants, la ville natale de René Char, qui aurait eu 100 ans le 14 juin 2007. C’est triste. Et même un peu indigne.
Précisons que chacune des communes accueillant le spectacle a participé financièrement aux coûts techniques des représentations. Et à Chateauneuf-de-Gadagne, c’est la communauté de communes, dont le président est aussi le maire de l’Isle-sur-la-Sorgue, qui soutient.
Jean-Michel Gremillet

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