Un autre “ressenti” sur le spectacle de Laurence Vielle

La récréation du monde - Laurence Vielle / Claude Guerre
En collaboration avec le Théâtre de Halles, vu le 18 avril 2008
Laurence Vielle, en fait, c’est l’histoire d’une fille qui raconte des histoires, des histoires en rythme, des histoires en musique.
Difficile à décrire pour ceux qui ne la connaissent pas (sur scène évidemment), je ne la verrai pas faire autre chose. Personne d’autre ne pourrait faire ce qu’elle fait.
C’est une fille particulière. Elle est elle et à fond, c’est peut-être ce qui m’a le plus séduit. Elle a un corps et elle a des mains, ces mains qui racontent tout, rythment
tout, sont en perpétuel mouvement. Et elle a des pieds aussi, surtout un pied droit très bavard. Et puis sa voix, un brin essoufflée, elle va de l’avant, pressée sur le débit, elle revient, répète, plus pressée encore. Ce n’est pas une voix « classique », ce n’est pas une fille ordinaire. Sous des faux-semblants de naïveté se dégage une profonde humanité, de l’humour, de la tendresse, de la joie de vivre. Des questionnements, et encore, heureusement, comme elle le dit : « je ne suis pas une fille qui se pose trop de question, c’est comme ça et voilà » et nous spectateurs/spectatrices parti-e-s pour une récréation du monde poétique, musicale, touchante.
Ca fait du bien, rien que du bien. Ca ressemble à une petite note qui vole et que l’on capte et qui procure une harmonie, éphémère certes, mais durable dans la mémoire des sentiments.
Et puis, ce soir là, nous avions de la chance, la météo a joué avec nous, pluie, un brin d’orage, un peu de vent ont accompagnés ce spectacle, alors à la question : à quoi vous pensez quand je dis « «eau », pour moi c’était cette pluie, ce bien –être d’être au sec, dans un spectacle et d’entendre des histoires d’eau. L’harmonie, le vrai luxe en quelque sorte.
Puis histoires en musique, c’est qu’elle n’était pas seule, elle était accompagnée, soutenue, interpellé par deux musiciens qui étaient aux diapason. Harmonie encore.
A noter aussi, le soin apporté par la régie, son, lumière, vidéo, le spectateur qui « entrait » par le fond de la scène, tout cela était merveilleusement orchestré, rythmé.
Seul petit bémol, très subjectif : pour moi, le spectacle se terminait sur cette « ode à la vie » en terminant : « je l’aime ». la scène suivante, assez drôle un intermède sur la « bôté » était très bien, mais je l’aurais vu vers le milieu du spectacle, peut-être aussi pour casser un peu le schéma « texte- musique » qui était un peu répétitif parfois. Mais ceci n’enlève e rien à l’ harmonie que j’ai ressentie, au bonheur d’être présente à ce spectacle.
Nicola Andersson