Groupe Miroir Cavaillon

22 avril 2008

La récréation du monde

Classé dans : Non classé — admin @ 11:12

La récréation du monde / Laurence Vielle / Claude Guerre

Nomade(s) en partenariat avec le Théâtre des Halles

/// du jeudi 17 au samedi 19 avril 2008

Elle le chante gentiment avec son air un peu naïf Laurence Vielle, « Je n’me pose pas trop d’questions… je n’me pose pas trop d’questions ». Alors elle nous emmène dans son univers avec candeur et fraîcheur. Elle attrape un mot au vol, en général un mot simple, un mot de tous les jours et elle l’aspire dans son tourbillon vocal pour le faire atterrir dans son imaginaire. Là, elle s’amuse avec. Pas de prise de tête, il suffit de se laisser porter, de ne pas chercher à comprendre au-delà de ce qu’il y a à comprendre pour que tout cela se termine par une mélodie simple et populaire, comme une valse que l’on aurait envie de danser.

Mots donc cueillis au hasard des rencontres de l’existence, mots proches de nous, elle se les accapare pour leur donner des couleurs nouvelles et parfois inattendues. Quand la parole ne suffit plus, elle la prolonge par la musique, une musique jouée par deux musiciens complices de son voyage dans son monde de tendresse et de poésie. La musique de simple support du verbe se substitue à lui et continue le poème en déployant ses propres sonorités. Tout cela est personnel, original et servi par une voix qui lui donne un cachet de chaleur humaine inimitable.

Poésie certes, mais aussi spectacle, auquel les musiciens sont partie prenante à part entière. Les mélodies sont leurs propres créations et les instruments : accordéon, saxo ou clarinette, servent à la mise en œuvre d’effets sonores accompagnant le voyage à travers les mots .Tout cela est parfaitement maîtrisée avec plaisir et joie.

La vidéo s’invite pour prolonger une danse en nous transportant dans un au-delà de la scène, comme si Laurence Vielle souhaitait que sa joie soit partagée par l’homme de la rue, qu’elle devienne notre réalité. Puis la caméra s’attarde pour saisir des regards et extraire de la rue la substance du discours, comme la présence de ce balayeur dont les inscriptions sur la poubelle serviront de prétexte à un voyage dans d’autres mots et d’autres sons. Un mouvement de va et vient qui peut devenir infini.

Cette suite de petits spectacles de structure souvent identique gagnerait en intensité par l’insertion de quelques variations, mais inutile « de s’ poser trop d’questions ».

21 avril 2008
Michel Andersson

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article. URL de Trackback

Laisser un commentaire

Un blog proposé par la Scène nationale de Cavaillon | Signaler un contenu inapproprié | Propulsé par WordPress