ecriture

10 juillet 2007

Les inventaires

Classé dans : textes — caroline @ 6:52

Pour nous faire accumuler ce qu’on pourrait appeler de la “matière”, Marion nous a demandé de faire des inventaires : les lieux où on a mal dormi, les lieux où on a dormi seuls, les objets perdus, les maisons étrangères…Voici, à titre d’exemples quelques uns de mes inventaires:

Des plaies et des bosses : Un oeil au beurre salé quand un breton m’a décroché un gauche, un malaire et une molaire, quel malheur, écrasés par le poing d’un voleur, une bosse de celles qui portent malheur à ceux qui la touchent cachée dans la fleur de mon secret, une estafilade longue comme la braguette d’un pantalon fendant l’abdomen, fermeture éclair sur les viscères.
Les premières fois : La première fois que je me suis mariée, c’est la première fois que je me suis marrée. La première fois que je n’ai plus aimé, c’est la première fois que je me suis sauvée. Alors, j’ai traversé la mer pour la première fois, et pour la première fois, je me suis dit qu’il n’y aurait pas de deuxième fois.
La deuxième fois que…

8 juillet 2007

Qui se cache derrière ce rébus?

Classé dans : textes — geneviev @ 10:37

J’habite un village du Var, un village du Vaucluse, très sec, jaillissant d’eau, cascade et résurgence. Bruyant et frais, d’une fraîcheur sonore.
RE de lumière, ou rai de lumière, dessine et sculpte sur la place de la Rouguière.
VI, vivant: vé, si tu veux, et voui! vé! Faune qui joue entre les feuilles d’acanthe, faune qui se joue du jet d’eau qui “l’agante”.
E, eh! Bébert, on ferait cuire un oeuf au soleil…
BERT, aujourd’hui, on ferait cuire un oeuf au soleil!
JE me rue à l’étal du boucher ambulant, en rasant les murs pour jouir de leur ombre.
NEveu, mon neveu! “Encigalée, encigalée”, je me retrouve. Oui,
CU, sur le cul! Fais un
VOEU!

5 juillet 2007

LE VIEUX SQUARE

Classé dans : textes — laure @ 23:06

Lorsque les gens passent près de moi ils se taisent. “A quoi bon parler elle n’a plus d’oreille”. j’ai plus d’yeux non plus, plus de joues, plus de bouche, de dents, de menton, de cou enfin plus rien!
faut dire que j’ai perdu la tête……c’est dur! je veux dire être statue…..c’est dur……ça pierre dure….enfin avant….maintenant ce serait plustôt pierre ponce…..c’est l’usure….ben oui les trous c’est l’usure…..je m’use…….remarque normal c’est mon boulot…..Muse…..c’est mon boulot. J’ai la robe, le drapé, la harpe et tout le toutim. Mais faut pas croire….j’inpire encore… j’ai mon souffle à moi….c’est que j”ai pas encore rendu mon dernier soupir….décapité peut être mais inspirée, c’est pour ça que quand les gens passent près de moi ils se taisent, il s’assoient là et ils attendent, il m’attendent, j’inspire sans respiration, je murmure sans bouche jusqu’à ce que leur tête comme moi s’envole.

ALORS LA J’AVAIS PLUS D’IDEE

Classé dans : textes — laure @ 22:56

Je musique, je chapitre, je rigole, c’est vrai j’aime jouer la liberté, vivre des grandes histoires et pleurer dans un grand mouchoir, rêver de l’inaccessible et jouer les filles de l’air, oui surtout jouer les filles de l’air et décoller. Tu peux pas savoir comme c’est chouette d’être aérien ! t’es pas obligé hein! y a plusieurs chemins tu choisis! moi c’est l’aérien, j’ai toujours aimé gravir les échelons, j’aurai pu être pompier. Y a qu’un seul truc embêtant c’est “la suspension”.
Bon pourquoi je vous disais ça, je sais plus !! ah oui à cause des points…..de suspension, parce que là j’y suis en plein dans les points……. je les alignes…… je les alignes……… j’ai le système qui déjante à force de me torturer les boyaux de la tête et de triturer la matière grise, je crois que j’ai fait sauter les plombs! j’ai plus la lumière à tous les étages!!
La vrai vérité c’est que je pédalle dans la choucroute et que je cherche la tangeante, mais je trouve pas le canal de dérivation et pourtant c’est pas faute de dériver parceque là pour dériver, je dérive et en pleine mer encore! je brasse, je brasse mais que de l’air.
Bon faut que je me concentre sur l’objet, mais plus je le regarde plus je me dis : “difficile de ne pas dériver avec un objet qui est tout en fantaisie en poésie, en émotion et la représentation de l’ici et maintenant ” et c’est bien ça que j’essaye de vous décrire non ?

2 juillet 2007

Puisqu’il faut se jeter à l’eau…

Classé dans : textes — caroline @ 16:25

Épuisée, je suis sortie de là épuisée, vidée. elle nous a fait bosser, la Marion ! Chrono en main, elle nous a lancé une multitude de défits. Et nous avons gratté, gratté des pages et des pages en volant des bribes de vies à nos compagnons d’atelier ou à l’environnement qui nous était offert (le magnifique château de Chateauneuf de Gadagne et son parc), support indispensable à l’envol de notre imagination. Pour donner une idée, je vais copier le premier texte que nous avons fourni; c’était juste après avoir fait connaissance en pratiquant des jeux, à la fois pour se souvenir rapidement des prénoms des autres et aussi commencer à comprendre qui ils sont. La contrainte était : Raconter une histoire qui commence par “je m’appelle” ou “j’habite” et inclure des mots commençant par chacune des syllabes composant nos prénoms et noms”

Je m’appelle comme la reine d’Abyssinie, vous savez, celle qu’on représente toujours coiffée d’une carapace de tortue et portant en guise de robe, ou plutôt je devrais dire, en guise de manteau, la peau d’un cheval baie. J’ai le même prénom que cette libertine qui avait l’habitude d’accrocher un nénuphar dans le nid de ses seins et aussi, dit-on, aux lèvres de son sexe. Comme amant, on ne lui connut qu’un bouc, fidèle et puissant, un bouc qu’elle tenait en laisse pour l’avoir à la disposition de ses envies. Une chimère naquit de cette union, mi-chèvre, mi-homme, qui mourut en poussant son premier bêlement. On embauma la créature, et elle fut ensevelie dans un mausolé de pierre ponce. Des siècles plus tard, un archéologue découvrit la petite dépouille et s’en empara. Comme cet homme était du genre farceur, une nuit sans lune, sous l’Arc de Triomphe, il excava les os vermoulus du soldat inconnu pour les remplacer par sa découverte. C’est ainsi que depuis cette nuit-là, drapeau flottant, clairon chantant, la République et ses dignes représentants honnorent une chimère.

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