Ecrire pour le jeune public avec Eddy PALLARO
Eddy Pallaro est né le 31 octobre 1971 à Cognac en Charente. Ce n’est pas ce qui nous intéresse ici … il est surtout auteur et comédien de la cie de La Mauvaise Graine Arnaud Meunier. Nous avons eu la chance de l’avoir pour nous tout seul pendant tout un week end, le 29 et 30 mars dernier pour un stage d’écriture qui s’est déroulé à la Bourse du Travail d’Avignon. Deux jours intenses, d’où sont sortis encore une fois des petits bijoux que nous vous invitons à déguster.
LA FIN
-1-
C’est un homme qui cherche la fin
Il la poursuit
Il ne la voit pas
Mais il la poursuit
Cette poursuite ce n’est pas simple
Il a comme l’appel comme l’appel
Il a comme un appel
Il a comme l’appel comme l’appel
Il a comme un appel
On lui dit on lui dit mais lui non
On lui dit on lui dit mais lui non
On lui dit c’est une gagébie une géjabie, une gijabé, une jabégie
Une gabegie je crois c’est une gabegie c’est un gâchis on lui dit mais lui non
Il la poursuit
Il fait des signes au cas où pour laisser des traces
Il n’a pas la maîtrise comme on dit
Il n’a pas la fin
C’est un temps où il ne fait pas bon pour lui
Mais il caracole
À la fin à la fin chacun fait ce qu’il veut
C’est pas sûr
-2-
Lui il correspond à l’essence même du jeu
Il trafique les corps et les oiseaux
Quelques-uns tombent puis s’écrasent
Il creuse des fosses avec des pierres
On les retrouvent de l’autre côté
Il y a des volatiles partout
Il a pris parti pour les oiseaux depuis
Il a pris parti pour les corps et les oiseaux
Il sait que la vérité passe par là par le dos
Alors il courbe
Il marche et porte des dos sur son bagage des dos des dos des dos
Il n’a pas le sens des affaires
Mais il prend sans cesse rendez-vous
Il a le goût des choses bien faites
Il ne veut pas du sens des affaires étranger et éphémère
Il est bon conseiller
Enfin il ne fait pas tout
Il ne peut pas tout faire
Il a du souffle
Il ne peut s’arrêter
S’il s’arrêtait il mettrait un frein
Il a la force et le renoncement
La fuite comme secours
Il en use
-3-
(Marche du “Il il dit”)
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
Il il dit
-4-
Quelquefois il regarde par la fenêtre
Il ne fait pas beau
Cela ne lui est pas égal
(Chant des nouvelles)
Friction de fentes
Fuite de métal
Frottement d’idiome
Carence carence carence
Affrètement des corps
Équipement du fond
Atrophie de sol
Carence carence carence
Arrêt d’abris
Oscillation du vice
Commerce d’apparat
Carence carence carence
Des cris de mous
Crissement du bien
Frise de sang
Carence carence carence
Parallèle des crises
Carré de lieux
Éclatement de poings
Carence carence carence
Canine des axes
Ventilation horaire
Terminaison spacieuse
Carence carence carence
Virement du résister
Évaporation du fixe
Résistement au don
Il il dit
Il faut faire fondre les masses pour qu’on voie
-5-
Jusqu’au jour où ça le reprend
C’est là il le sait
C’est à la fin que ça se passe
Il en a conscience si fortement
Cet endroit est le bon
C’est une place
Sa ligne se joue là
La poursuite continue
Il doit la saisir
Elle s’échappe
Il attend le bon temps le moment où l’accrocher
Et là dans sa main dans sa main elle s’échappe
Il la tient elle s’échappe il la tient elle s’échappe il la tient
Alors le bleu vient entre ses mains
Il est fier de nouveau
Il estime le parcours
Il se donne confiance
Il se dit que ça vaut le coup
Tout ça pour ça
Pour cet instant
Cela en vaut la peine car c’est risqué
C’est à l’improviste que les choses changent
Ne cherche pas la soif tu l’as
Pendant ce temps la peau craque
La peau craque et ce n’est rien
Il faut chercher ce qui change sans faire attention
Il faut avoir un petit regard sur ce qui se passe
Un oeil c’est tout
Eddy Pallaro
Commentaire par Eddy Pallaro — 1 juillet 2008 @ 13:54